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Archives mensuelles : septembre 2010

L’intelligence du brouillard

Je décompose la laine qui tisse la toile de la vérité. Je lève le voile sur des nuages de complexité. Tu es trop loin pour être saisie d’une seule main. Je m’offre sur cette scène maudite, mais il fait toujours noir ici bas. La noirceur n’est plus ce qu’elle était, elle prend le temps de se mettre au tic tac de la pause de la liberté. La couleur des ténèbres est un trampoline vers le sommet de la quiétude. Il y a une kyrielle d’obstacles avant de plafonner, le temps de respirer quelques moments. La montagne russe t’attend ici en haut, mais cette nouvelle aventure débute avec le sourire. Les commandes du train sont maintenant connues par toi, moi et quelques illuminés. La descente existera toujours, mais le sommet sera toujours visible malgré le brouillard.

 
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Publié par le 26 septembre 2010 dans Crise de mots

 

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Poème épistémologique

En quête de l’esthétique du théorique.
Je traverse les frontières des repères.
Je songe à comprendre au-delà du rapport au monde.
Lever le voile qui me bloque du réel.

Le réel est insaisissable
Si je l’atteins, je meurs.
Si je meurs, je vais connaître.
Si je veux connaître, je ne peux mourir.

Saisir cette dialectique impossible avec moi-même.
Je m’éloigne des normes, je m’éloigne du monde.
Pour le comprendre, je dois identifier les normes.
J’identifie les normes, je les transforme.
À force de transformer, je les tue.
Où est le monde sans norme ?

Lorsque je connais, je doute.
Je parlerai donc de ce que je doute de connaître
Dès qu’il y a humain qui interprète, il a de la construction. 

La première brique.
L’humain l’a posée.
Elle n’est pas construction.
Elle est amalgame.

Le langage se construit dans son essence.
Le langage se bâtit avec l’humain.
L’humain est langage.
Tautologie! 

Je suis la tradition de l’expérience humaine.
Je ne peux m’extraire de l’historicité.
Les différences en hiérarchie.
Les normes en oppressions. 

Il y n’y a pas de sens dans cette masse de mots.
Elle n’est que symbole.
Les symboles sont le sens.
Tautologie! 

L’herméneutique n’est que le concept qui rationalise mes valeurs.
La sociologie est ce qui me fait moins peur.
Je suis perdue dans cette masse de savoir et de non-reconnaissance.
Je suis perdue dans cette foule sans liberté. 

Doute, crainte, affirmation, certitude.
Je ne connais pas. J’ai soif.
Je suis en perpétuel devenir.
Le devenir-vrai.
Le devenir-être. 

Nous sommes égalitaires dans le pré-social.
Dans ce pré sans soumission, nous y sommes presque.
Au-delà du social, il y a moi, mon être en tant que lui-même. 

Sans le social, je n’y suis pas.
Avec le social se construit le monde.
Et le monde existe dans sa construction.
Le pré-social, fiction humaniste
L’Universel de la modernité, avis de recherche.

Ce lot d’incomplets n’est que le reflet du soupçon qui me fait douter du Savoir.
Je ne comprends rien, et c’est là que je connais.
Cette remise en question de la Connaissance est quelque chose de rassurant.
Je préfère douter qu’être sûre de connaître.

 
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Publié par le 22 septembre 2010 dans Théorie

 

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Les monologues de la destruction par anticipation no 1 – Ou le discours d’une cynique utopique. 

Mon cerveau se mutile dans des réflexions futiles sur une société déjà en perte de vie.
Mise en perspective

Colérique no1 : Le fait d’être un haut gradé embourgeoisé te fait sourire? Être mieux que celui qui balaie les chiottes te convient? Vraiment, cela a changé

Témoignage no 1 : Tu vas voter, car tu es une bonne citoyenne, tu crois en la démocratie.  Tu crois que ton opinion est entendue, qu’elle est même respectée. Le con que t’as élu est le mieux placé pour diriger ton pays.

Gestionnaire no 1 : Les fermetures d’usines sont très pragmatiques, c’est le marché, nous n’avons pas le choix. Responsable des ressources humaine no 1: Vous allez vous trouver un autre poste, vous êtes tellement compétente. Employeur no 1 : Désolée madame, vous êtes beaucoup trop qualifiée pour ce poste. Employeur no 2 :Vous êtes trop âgée pour ce poste, avez-vous pensé à la retraite?

Colérique no 2 : Certains enfants chinois crèvent pour laver ton postérieur, mais monsieur consomme du café équitable, il prend même le transport en commun et il achète biologique. Grâce à vous nos bourgeois bohèmes préférés, le monde est sauvé.

Naive no 1: La chambre de l’enfant sera verte, on ne veut surtout pas le socialiser selon son genre, il aura la liberté de choisir qui il veut être. **Pendant ce temps à la maison, papa tond le gazon et maman fait un gâteau**

Point de vue

Madame de la Masse : L’égalité des sexes est clairement atteinte, il suffit de regarder le cabinet du premier ministre, c’est la parité.

Monsieur de le Charité : Il y a des programmes sociaux pour tout le monde. Tu n’es pas inscrit dans la Charte des droits et libertés ? Attends, attends, je vais la modifier pour démontrer les avancées de notre démocratie.

Le pucké : Je n’ai pas d’argent, je suis pauvre. La conseillère : Cesse de faire ta victime, si tu le veux, tu peux. Regarde-moi j’ai réussi! Monsieur tout le monde : Les gens dans la rue s’ils sont là, c’est parce qu’ils le veulent bien. Une fille qui veut s’en sortir, bien, elle va réussir, un peu de bonne volonté, et elle va en avoir une job au Wal-Mart.

Monsieur gros bon sens : Pour aller à l’école, il faut s’endetter, c’est faire notre juste part pour la société. Les jeunes communistes, ils s’inscrivent tous en sociologie, en histoire et dans des programmes qui ne servent en rien à la société. Ils ont juste à payer s’ils veulent s’asseoir sur l’héritage de NOTRE société. En tout cas, ce n’est pas eux qui vont payer la dette.

Le recruteur : Inscris-toi dans l’armée, c’est carrément débile, tu vas vraiment démontrer tout ton potentiel. Fais ta part pour ton pays, tu vas être un individu libre.

 
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Publié par le 18 septembre 2010 dans expérimental

 

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En mal de désir

Implacablement, cette masse de rancœurs rancunières s’est finalement donnée en spectacle pour échoir dans un sentiment d’attentes inassouvies et de désirs poignants, pour terminer dans un profond renoncement au recommencement inavouable.

La cruauté, la dictature de la morale qui a supposément été détruite par nos ancêtres progressistes ne cesse de me souffler à l’oreille que l’oubli sera le meilleur moyen pour aller vers le chemin militant parsemé de révoltes désabusées.

Le fait de tant détester, le désir d’une vengeance de ce qui me motive et qui ne peut être nommé. Je cesse de me plaindre, maintenant, tout est accepté, je peux probablement demander un accommodement raisonnable pour mœurs excessives.

Je me cherche parmi la fracture humanitaire qui m’accepte comme je suis avec tout mes torts et travers. Pourtant, je dois recoller les morceaux, eux-mêmes divisés en choix de société, pour me créer des repères pour tenter de vivre dans cette masse sans émotion.

Encore une fois, j’ère dans les sillons fractionnés du renversement silencieux, le doute en filigrane, je veux recommencer cette explosion de passion haineuse et de colère explicite. Je cherche, j’ère, je stagne, la frousse ne veut me quitter, ce qui m’empêche d’aller plus loin que cet ascenseur émotionnel.

Cette longue plainte ne sera pas plus détermination que mes pensées cruelles. Je tente de provoquer naturellement ce qui mérite d’être vécu, mais la peur de cette masse de juristes m’interdit le laisser-aller.

La masse, tu en fais partie, tu me juges et me jugera de cette tentative aussi vaine que le désir de changement révolutionnaire immédiat tant pratiqué dans ma génération Nintendo. Alors, cette comptine lyrique est un souffle d’espoir, je veux que tu me détestes autant que je peux vomir de haine à ton égard.

La passion destructive s’élève de plus en plus, j’ai mal, mais l’amour de ce mal me poussera vers je ne sais où, j’ère autant que ma société en voie d’extinction.

 
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Publié par le 17 septembre 2010 dans Coup de folie

 

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Globalité anomique

Je l’entends, je l’entends, c’est encore une fois mon cœur qui se broie en morceaux parcellés d’égoïsme. Après maintes réparations, chirurgies et boîtes de plasters, une fois encore il s’est fait passer dessus par le train gigantesque de la déconstruction imaginaire.

Qu’est-ce qui nous pousse tant vers le gouffre de l’anomie? Est-ce que le capitalisme s’est aussi approprié les moyens de production du bonheur? Est-ce que la somme totale de la souffrance de l’humanité peut acheter une quelconque forme de journée ensoleillée ou de sourire authentique?

Le sentiment de connexion tant attendue, cette chimie qui te prend à la gorge, qui te jette au sol tant qu’elle est forte et fracassante. Ce bonheur éphémère qui ne peut que créer un face à face avec toi-même. Ce genre de sentiment qui te remet en question, celui qui te rend incapable de vivre sans lui. Cette attirance qui fait tellement mal, celle qui te broie tous les os du cœur, qui te donne la fièvre, mais qui est tellement virulente et nécessaire.

Je l’entends, ce sont ses derniers battements, c’est l’utopie interne qui se fait un hara-kiri. L’espoir espiègle qui m’a jeté son dogmatisme dans la tête vient me faire la leçon pendant que mon intérieur se meurt encore une fois.

Cette chimie qui m’a poussée à la folie, qui m’a fait devenir encore une fois, plus cynique et dégoûtée de cette existence sans valeurs et sans prétention. Voilà, elle est déjà en perte de sens, comme tout le reste du monde. Cette chimie qui se perd dans sa formule mathématique, qui se vomit dans sa perte de finalité, qui n’existe que pour satisfaire la dictature de la liberté, le désir du tout et du rien en même temps. Le désir et le dégoût face à cette même et unique chose, cette quête.

Allez, régurgite cette merde d’idée qui a germé dans ta tête. Tu pourras chialer contre la société pour te réconforter. Meurs, saleté d’attirance. Meurs, saleté d’émotion épineuse.

C’est l’absolue inhérence de la vie qui te fait face. Le capitalisme n’est pas seulement le bloc monolithique du mal, l’humanité est sa propre meurtrière. Tout est passé dans la cuvette des toilettes. Le rejet de tout, pour se gaver de cette fausse liberté qui tue. Pendant ce temps, le capitalisme nous a abreuvés de gadgets inutiles pour combler cette globalité anomique.

Ne cherchez pas le sens du texte, il est mort en même temps que mon identité morcelée. Tout est prêt à être utilisé et jeté. Faites de même avec ce texte, oubliez-le. Oubliez-moi

 
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Publié par le 16 septembre 2010 dans Où va le monde

 

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