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Poème épistémologique

22 sept

En quête de l’esthétique du théorique.
Je traverse les frontières des repères.
Je songe à comprendre au-delà du rapport au monde.
Lever le voile qui me bloque du réel.

Le réel est insaisissable
Si je l’atteins, je meurs.
Si je meurs, je vais connaître.
Si je veux connaître, je ne peux mourir.

Saisir cette dialectique impossible avec moi-même.
Je m’éloigne des normes, je m’éloigne du monde.
Pour le comprendre, je dois identifier les normes.
J’identifie les normes, je les transforme.
À force de transformer, je les tue.
Où est le monde sans norme ?

Lorsque je connais, je doute.
Je parlerai donc de ce que je doute de connaître
Dès qu’il y a humain qui interprète, il a de la construction. 

La première brique.
L’humain l’a posée.
Elle n’est pas construction.
Elle est amalgame.

Le langage se construit dans son essence.
Le langage se bâtit avec l’humain.
L’humain est langage.
Tautologie! 

Je suis la tradition de l’expérience humaine.
Je ne peux m’extraire de l’historicité.
Les différences en hiérarchie.
Les normes en oppressions. 

Il y n’y a pas de sens dans cette masse de mots.
Elle n’est que symbole.
Les symboles sont le sens.
Tautologie! 

L’herméneutique n’est que le concept qui rationalise mes valeurs.
La sociologie est ce qui me fait moins peur.
Je suis perdue dans cette masse de savoir et de non-reconnaissance.
Je suis perdue dans cette foule sans liberté. 

Doute, crainte, affirmation, certitude.
Je ne connais pas. J’ai soif.
Je suis en perpétuel devenir.
Le devenir-vrai.
Le devenir-être. 

Nous sommes égalitaires dans le pré-social.
Dans ce pré sans soumission, nous y sommes presque.
Au-delà du social, il y a moi, mon être en tant que lui-même. 

Sans le social, je n’y suis pas.
Avec le social se construit le monde.
Et le monde existe dans sa construction.
Le pré-social, fiction humaniste
L’Universel de la modernité, avis de recherche.

Ce lot d’incomplets n’est que le reflet du soupçon qui me fait douter du Savoir.
Je ne comprends rien, et c’est là que je connais.
Cette remise en question de la Connaissance est quelque chose de rassurant.
Je préfère douter qu’être sûre de connaître.

 

A propos Jevi

Je suis étudiante en sociologie à l'UQAM, passionnée par l'actualité et la compréhension des rapports sociaux. À mes heures, je suis d
2 Comments

Publié par le 22 septembre 2010 dans Théorie

 

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2 réponses à Poème épistémologique

  1. Moukmouk

    22 septembre 2010 at 18:12

    les mots et les choses. le discours, des mots qui décrivent des mots plutôt que des choses. il faut cesser de classer les choses dans l’historicité. Il est là, l’échec de la pensée européenne. Mettre les choses en relation dans l’espace, faire la carte du sens.

     
  2. Bakouchaïev

    22 septembre 2010 at 23:50

    Tu lis Cioran? :)

    @ Moukmouk : Ou bien vous devenez quelqu’un qui masque sa position d’autorité ou les inégalités sociales, ou une personne qui justifie ces derniers.

    L’existence en soi n’a aucun sens, mais ça ne veut pas dire que l’être humain ne doit pas trouver son propre chemin ou donner un sens à sa vie, sens qu’il aura choisi.

    Ce que vous proposez est dangereux, car les individus ont des motivations, des désirs, etc. L’Histoire est traversée de systèmes (institutions et pensées) que l’on peut et doit comprendre.

    L’eugénisme ce n’est pas de la crème glacée.

     

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