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Archives de la Catégorie Crise politique

Crise de répression

Dans le cadre des Sommets du G8 et du G20, la répression politique et policière est palpable.  Les idées dissidentes sont tues à coup de matraque et de gaz lacrymogène. Les images médiatiques montrant quelques vitrines fracassées et certains échanges musclés entre policiers et manifestants font perdre l’esprit critique à certains. Ce ne sont pas les briseurs de vitrines qui sont à blâmer, mais les criminels que l’on a élus comme présidents et premiers ministres.

Le saccage et les débordements sont surmédiatisés et diffusés en boucle. Des heures de manifestations pacifiques ne sont pas diffusées sur les ondes des grandes chaines, mais une seule vitrine brisée fait la une de la journée. Avez-vous pensé que ce qu’on nous montre à la télévision est ce qu’on veut nous faire croire? Si à chaque fois que l’on entend une critique face à la tenue du G20 on nous montre un manifestant cagoulé rageant contre la police, on s’assure de discréditer la contestation. De plus, ces images de casseurs justifient le milliard de dollars investi dans la «sécurité.» Si on ne créait pas un «événement» à chaque fois qu’une voiture de police est la proie des flammes, on s’intéressait peut-être aux idées de ceux et celles marchant dans les rues de Toronto. Et si le cirque médiatique n’en faisait pas tout un cas, est-ce que les gens salueraient autant «les mesures sécuritaires» prises par le Canada?  J’irais encore plus loin. Croyez-vous que la mobilisation contre le Sommet du G20 serait aussi médiatisée sans ses images de femmes et d’hommes cagoulés?

Voyant les commentaires fleurissants sur les réseaux sociaux critiquant «les anarchistes» et le «black bloc», je tiens à rappeler aux gens que le choix des images et la manière de traiter un sujet servent d’abord et avant tout à ceux détenant le pouvoir. Ces idées de casseurs organisés et prêts à tout pour mettre le feu aux poudres ce sont des fantasmes de journalistes. Croyez-vous que les gens cassent des vitres et allument des feux par plaisir? Je ne nie pas que certains s’amusent à jouer les super héros, mais des cons il y en a partout chez vous comme chez nous, dans les manifestations comme dans les rangs de la police.  Les gens qui manifestent ne sont pas des rebelles sans cause, ce sont des gens avec des idées qui ne cadrent avec le vent de droite qui souffle sur les économies occidentales. Les messages envoyés par les manifestantes et manifestants sont pourtant clairs, il y a des alternatives possibles au capitalisme.  En guise d’exemple, la CLAC de Montréal, c’est-à-dire la Convergence des luttes anticapitalistes met de l’avant un discours dénonçant la rencontre du Groupe des 20.

«Ces forums privés et férocement protégés ne servent qu’à perpétuer un système d’exploitation autoritaire et criminel qui permet à une infime minorité de continuer à s’enrichir en utilisant les guerres, la destruction de l’environnement, l’expropriation des terres, l’exploitation des femmes, les génocides culturels, l’endettement et l’appauvrissement de communautés entières, la répression politique et le contrôle des frontières pour arriver à leurs fins. Comme l’indique Danie Royer, porte-parole de la CLAC 2010 : « Cette rencontre finalisera un des plus grands détournements de fonds jamais vu, c’est-à-dire le transfert de centaines de milliards d’argent public vers les responsables de la dernière récession : banques, fonds d’investissement privés, compagnies transnationales, spéculateurs de tout acabit, etc. » Le mot d’ordre prévu pour la suite de ces sommets sera la lutte aux déficits publics et « l’assainissement » des finances gouvernementales !»[1]

La couverture médiatique de la plupart des médias traditionnels concernant les Sommets du G8 et G20 cadre exactement avec l’idéologie réactionnaire défendue par le gouvernement canadien. Derrière les portes closes du G20, on joue au foot avec la planète en spéculant sur d’éventuel profits. En 1884, les plus grandes puissances du monde se séparent les terres ce qui mena aux horreurs du colonialisme. En 2010, les plus grandes puissances se séparent les ressources en dépit des millions de personnes qui meurent de faim. Pendant que le sort de planète est entre les mains de 20 personnes qui sont supportées par les grandes entreprises, les médias décident de faire tourner en boucle des images de vitres fracassées et de voitures incendiées.


[1] Extrait du communiqué de presse, du 21 juin 2010, appelant à l’action contre le G20 de la Convergence des luttes anticapitalistes. http://www.clac2010.net

 
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Publié par le 27 juin 2010 dans Crise politique

 

Crise utopique en terre torontoise

Dans la foulée des Sommets du G8 et du G20 se déroulant à Toronto au cours de la fin de semaine, j’ai en tête de mettre de côté le cynisme politique qui m’habite pour laisser place à l’utopie. Dans le marasme idéologique de droite et la constante progression du capitalisme, il peut être ardu de rêver d’un monde meilleur. Ceux et celles qui sont dans les rues à Toronto osent encore rêver, ils luttent pour un monde meilleur.

Sans doute on m’étiquettera de naïve, de rêveuse et d’avoir les idées décalées de la réalité tangible et pragmatique, qu’à cela ne tienne! Je rêve d’un monde où les injustices n’auront pas lieu d’être et que les différences entre les humains soient créatrices et non destructrices et divisantes. Mon idéal, que j’associe à l’utopie, est ce qui me permet de me lever tous les jours, est ce qui me motive à m’impliquer dans ma communauté. Un idéal de justice, de solidarité, de paix et d’équité entre tous est mon leitmotiv du quotidien.

Au fond l’utopie c’est cet imaginaire rêvé, cette imagination explorée, ce rêve réalité, cette réalité espérée, cet ordre bouleversé, cette contestation avouée. L’utopie est donc le moteur de la contestation, l’impulsion du changement. Les milliers de personnes qui braveront le climat de terreur et les dispositifs de «sécurité» imposés par le gouvernement canadien à la solde des plus grandes puissances économiques et politiques ont en tête de contester l’ordre établit, car ces gens croient que des alternatives sont possibles.

La contestation reliée au G8/G20 remet en question les principes moraux et économiques qui gèrent le monde. Elle donne une voix aux personnes marginalisées et discriminées  qui dépendent des décisions des multinationales et des politiciens. Il suffit de penser aux écarts grandissants entre les conditions de vie des gens du Sud et ceux du Nord, aux écarts entre les riches et les pauvres de chacun des pays. Ce qui est décidé en catimini par Harper, Obama et leurs alliés aura une incidence directe sur la vie des gens. Pourtant, ce qui est débattu n’aura pas comme idée première de fournir de l’eau potable pour tous, il sera plutôt question de favoriser les échanges économiques, les profits et la délocalisation d’entreprises dans des pays «en voie de développement». On ne pense pas à protéger la vie, on cherche plutôt à la marchandiser. Si nous n’avons plus de pain dans nos armoires, c’est que les armoires des privilégiées et des mieux nantis débordent.

Selon Paul Ricoeur[1] (1997 : 356), l’utopie est vue de façon négative par les groupes dominants, car ils se sentent menacés par celle-ci. Ils voient l’utopie comme une brèche dans leur ordre imposé. Dans le genre littéraire, l’utopie est plutôt présentée aux lecteurs et lectrices comme une alternative possible. L’utopie peut être une société  idéale, une nouvelle société, une société future, une société reconstruite bref, c’est un bouleversement de ce qui est en place.

Les manifestations qui ont lieu présentement lieu dans les rues de Toronto font face à une imposante répression politique et policière. Les dominants, ceux profitant des politiques néolibérales issus des Sommets, se sentent menacés par les discours de la contestation. Ils tentent de la discréditer, de la miner et de faire peur à ceux et celles osant braver clôtures, lacrymogènes, et canons divers. Par les médias traditionnels et les interventions publiques des politiciens et policiers, on érige en ennemis les manifestants et manifestantes. Le milliard de dollars investi dans la «sécurité» pour le G8/G20 sert à justifier l’étouffement de la contestation. Les défenseurs et les défenderesses des droits sociaux sont identifiés comme ceux étant à «surveiller» au cours de la fin de semaine.  La plupart des médias s’intéressent plus aux débordements et à la casse dans la rue plutôt qu’aux politiques qui seront votées derrière les portes closes et sécurisées.

Par la porte de l’utopie, je désire à l’instar des contestataires de Toronto, joindre ma voix dissonante face à la grande messe du capitalisme célébrée par les mieux nantis et orchestrée pour les profiteurs de cette planète.

Pour suivre l’actualité par le biais des médias non traditionnels :

Toronto Media Coop:
http://toronto.mediacoop.ca/

Rabble.ca :
http://rabble.ca/

Submedia:
http://submedia.tv/stimulator/

Convergence des luttes anticapitalistes 2010 (clac2010):
http://www.clac2010.net/

Twitter de la Clac2010:
http://twitter.com/CLACMontreal

G8\20 Toronto Community Mobilization :
http://g20.torontomobilize.org/

Campagne At the Table :
http://atthetable2010.org/g8g20-101

G20\G8 Breakdown :
http://www.g20breakdown.com/

The 2010 people’s summit:
http://peoplessummit2010.ca


[1] RICOEUR, Paul (1997).  L’idéologie et l’utopie, Paris (France), Les Éditions de seuil, Paris (France), 410 pages

 
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Publié par le 25 juin 2010 dans Crise politique

 

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