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Archives de la Catégorie Où va le monde

Globalité anomique

Je l’entends, je l’entends, c’est encore une fois mon cœur qui se broie en morceaux parcellés d’égoïsme. Après maintes réparations, chirurgies et boîtes de plasters, une fois encore il s’est fait passer dessus par le train gigantesque de la déconstruction imaginaire.

Qu’est-ce qui nous pousse tant vers le gouffre de l’anomie? Est-ce que le capitalisme s’est aussi approprié les moyens de production du bonheur? Est-ce que la somme totale de la souffrance de l’humanité peut acheter une quelconque forme de journée ensoleillée ou de sourire authentique?

Le sentiment de connexion tant attendue, cette chimie qui te prend à la gorge, qui te jette au sol tant qu’elle est forte et fracassante. Ce bonheur éphémère qui ne peut que créer un face à face avec toi-même. Ce genre de sentiment qui te remet en question, celui qui te rend incapable de vivre sans lui. Cette attirance qui fait tellement mal, celle qui te broie tous les os du cœur, qui te donne la fièvre, mais qui est tellement virulente et nécessaire.

Je l’entends, ce sont ses derniers battements, c’est l’utopie interne qui se fait un hara-kiri. L’espoir espiègle qui m’a jeté son dogmatisme dans la tête vient me faire la leçon pendant que mon intérieur se meurt encore une fois.

Cette chimie qui m’a poussée à la folie, qui m’a fait devenir encore une fois, plus cynique et dégoûtée de cette existence sans valeurs et sans prétention. Voilà, elle est déjà en perte de sens, comme tout le reste du monde. Cette chimie qui se perd dans sa formule mathématique, qui se vomit dans sa perte de finalité, qui n’existe que pour satisfaire la dictature de la liberté, le désir du tout et du rien en même temps. Le désir et le dégoût face à cette même et unique chose, cette quête.

Allez, régurgite cette merde d’idée qui a germé dans ta tête. Tu pourras chialer contre la société pour te réconforter. Meurs, saleté d’attirance. Meurs, saleté d’émotion épineuse.

C’est l’absolue inhérence de la vie qui te fait face. Le capitalisme n’est pas seulement le bloc monolithique du mal, l’humanité est sa propre meurtrière. Tout est passé dans la cuvette des toilettes. Le rejet de tout, pour se gaver de cette fausse liberté qui tue. Pendant ce temps, le capitalisme nous a abreuvés de gadgets inutiles pour combler cette globalité anomique.

Ne cherchez pas le sens du texte, il est mort en même temps que mon identité morcelée. Tout est prêt à être utilisé et jeté. Faites de même avec ce texte, oubliez-le. Oubliez-moi

 
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Publié par le 16 septembre 2010 dans Où va le monde

 

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Réflexions de déménagement

Le port du casque rose

Vendredi, j’ai pris la route de Montréal pour mon déménagement officiel vers l’Abitibi. Un peu plus de 24 heures et mes boites, surtout des livres et notes de cours accumulés, étaient prêtes et le camion était rangé comme un jeu de Tetris évolué. Tout le long des 554 kilomètres me séparant de Montréal, j’ai constaté avec une certaine satisfaction et fierté la présence de femmes sur les nombreux chantiers de construction arborant la route transcanadienne. Il n’y avait pas seulement des femmes pour tenir les panneaux indiquant qu’il faut ralentir et s’immobiliser, elles travaillaient également à l’instar de leurs collègues masculins sur la machinerie.

La constatation d’une certaine percée féminine à travers les métiers non traditionnels s’est vite assombrie lorsque j’ai aperçu avec dégoût l’arrivée des casques de construction rose bonbon assorti de gants de travail décorés avec du vernis à ongles. Ma préférée était cette jeune femme très crédible dans son travail qui portait ses gants vernis et son casque rose, sans oublier les bottes à cap «au look branché» et sa mise en plis au fer plat où l’on voyait de longues mèches blondes parmi ses cheveux noisettes, mèches de cheveux soigneusement placées pour qu’elles dépassent avec style hors du casque. Inutile de vous parler de ses vêtements de construction qui lui ont sûrement coûté trois jours de salaire.

Un chantier de construction ce n’est pas une parade de mode, c’est un lieu de travail. Les femmes se sont battues avec ferveur pour obtenir une reconnaissance sur les chantiers, elles se sont battues pour obtenir l’égalité sur tous les lieux de travail. Elles ont dû travailler d’arrache-pied pour démontrer qu’elles aussi pouvaient faire la job aussi bien qu’un homme. Comment voulez-vous que le travail des femmes dans la construction soit crédible et reconnu si les femmes décident de marquer leur différence à ce point?

Je suis tout à fait en faveur des vêtements et outils de travail conçu pour le gabarit des femmes, c’est nécessaire considérant le nombre croissant de femmes dans le non-traditionnel. Des gants, des lunettes et des vêtements plus petits et ajustés ont tout à fait leurs places dans les «boutiques de travailleurs», mais pourquoi les seuls vêtements de travail conçu pour les femmes sont roses? Sacrament, nous ne sommes pas des Barbies, nous voulons nous aussi suer, forcer et nous salir pour réaliser des ponts et des routes. Puis, ces femmes dans le non-traditionnel sont dans une impasse, soit qu’elles ont des vêtements de travail non adaptés à leur gabarit – ce qui peut être dangereux – ou elles font leurs petites filles sur le chantier avec des vêtements pastels.  Avis aux femmes sur les chantiers, si vous voulez faire un métier où seuls les hommes avaient accès bien vous devriez faire comme eux et porter un casque jaune et des vêtements de travail normaux. À quand les pépines et des chargeurs mauves? Comment voulez-vous être prises au sérieux si vous prenez votre emploi pour un défilé de mode? Nous avons déjà à surmonter les insultes et remarques sexistes au travail, il ne faut quand même pas donner aux hommes des arguments pour nous discréditer. Le travail sur les chantiers est un travail physique qui demande des compétences manuelles, ce n’est pas une place pour «flasher» avec son nouveau casque. Nous n’obtiendrons pas l’égalité et la parité si nous tenons à tout prix à marquer une différence entre les sexes surtout sur un chantier de construction.

 
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Publié par le 25 juillet 2010 dans Où va le monde

 

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